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Yves Levard
1924 - Paris - 1994
 
At the Palatine in Rome
 
Oil on canvas

Signed l.l.: Yves Levard
 
Provenance:
Estate of the artist
 
Exhibition:
Louxor - Rome - Venise / Yves Levard (1924 - 1994) at Galerie Chantal Grangé, 56 rue de l'Université, Paris, 10 - 27 september 2008, no. 17
 
with a letter by Béatrice Delamarre Levard to the present owner dated 10 december 2008
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CHANTAL GRANGE ET LAURENT ARMENGAUD
auraient le plaisir de vous convier au
vernissage
Cocktail
le mardi 9 septembre 2008 à partir de 18 heures 56, rue de l'Université - 75007 Paris
Exposition du 10 au 27 septembre 2008 de 11 h à 19 heures
Yves LEVARD (1924-1994)
Architecte de formation, 2e Second Grand Prix de Rome en 1952, Yves Levard se consacra toute sa vie à la peinture. Il fit de nombreux voyages en Italie, Egypte, Grèce et Turquie en compagnie de son épouse Béatrice, fille du sculpteur Raymond Delamarre. En 1946, lors de son premier voyage à Rome il déclara
« Je compte le premier jour de ma naissance du jour où je suis arrivé en Italie ». Sur les traces de Corot, il peignit la douceur des pierres, la fragilité des ruines, le bleu intense des ciels, et nimba ses paysages d'un doux « clair de soleil ». Sa brillante carrière d'architecte le conduisit en Egypte, et en 1969 arrivant à Louxor il écrivit : « Le matin, j'ai eu le pressentiment que je ne pourrai pas voir, au cours du voyage, quelque chose de plus beau,.. Je découvre que je suis en Afrique, mais pourtant, la légèreté de l'air et cette architecture toute proche, dans le silence du matin... Flotte encore une brume qui bleuit et adoucit légèrement les parties dans l'ombre et les plus reculées... Avoir vu tant de choses en Italie ou ailleurs et découvrir brutalement que la beauté est une présence, s'imposant comme une personne, en prenant la forme de lourdes colonnes dont les chapiteaux presque exagérément évasés supportent des architraves massives, c'est un peu déconcertant... ».
Peindre Venise dans les années soixante, le forum Romain et le temple de Louxor dans les années quatre- vingt, n'était-ce pas merveilleusement anachronique. Les plasticiens et conceptuels de la rue de la modernité diront qu'Yves Levard s'est trompé d'époque. Nous dirons plutôt qu'il était en avance sur la nôtre. Il n'exprimait pas une rupture très à la mode, donc sujette à s'étioler, mais la permanence d'un éblouissement du regard devant les témoignages architecturaux du passé. C'est aujourd'hui très moderne ! Dans la lignée des vedutistes italiens - plutôt Van Vitelli que Canaletto - ou des « antiquaires » de la fin du XIXe siècle - Jean- Léon Gemme - la peinture d'Yves Levard est travail d'architecte dont la règle n'est jamais absente mais qui n'est pas sans douceur et sans âme. La lumière de ses tableaux est admirablement observée. Elle accentue le mystère des ombres portées sur ces sites d'exception dont l'homme est totalement absent. Absence qui vient souligner la beauté vaine de ces créations humaines que l'architecte pensait faites pour l'éternité et dont l'artiste est le passeur ému.                                                                                                          Emmanuel Bréon